Du pain sur la planche bordelaise

Depuis quelques années déjà, un phénomène s’empare de Bordeaux et de sa région et celui-ci semble s’emballer : de nouveaux arrivants, néo bordelais attirés semble-t-il plus par notre région que par la prospérité de notre tissu économique débarquent la fleur au fusil.

Cet héliotropisme se révélant particulièrement fort chez les parisiens, j’ai tôt fait de m’interroger sur la quête de ces néo exilés.

C’est au fil de mes interviews dans la rubrique « les néo bordelais » pour le journal Sud-Ouest ainsi que pour l’agence de développement économique (pour lesquels je suis pigiste) que j’ai pris la mesure du « phénomène Bordeaux ». Des nouveaux arrivants m’y racontent depuis bientôt 5 ans l’épopée de leur arrivée dans notre métropole bordelaise avec beaucoup de sincérité. De la prise de décision à l’action, le chemin peut s’avérer tortueux et le bonheur n’est pas forcément au rendez-vous.

Bordelaise et fille de réseau, généreuse de mes contacts tant pro que perso, j’ai répondu aux questions, chaque semaine plus nombreuses, identifié certaines des problématiques et des demandes récurrentes. 

Naturellement bienveillante vis-à-vis des néo qui cherchent à comprendre un territoire, j’ai mis en parallèle leurs envies et ce que le terreau local a à leur offrir. J’ai également analysé leur capacité à changer et à s’adapter au tissu sociologique, économique et social. Et forte de tous ces éléments j’ai commencé à les conseiller en amont ou au moment de leur arrivée afin de leur éviter certaines déconvenues et de leur faire gagner du temps. Les demandes se sont faites plus nombreuses, plus précises, mes réponses se sont affutées : adresse du responsable d’un réseau pro, entregent pour un appel à un dirigeant, précision sur la sociologie d’un quartier, contact bienveillant dans le périmètre choisi, etc, etc etc. Tout cela est devenu incroyablement chronophage, jusqu’à prendre clairement l’allure d’un job.

Je crois que j’ai inventé un nouveau métier, celui de conseil en intégration, d’accélérateur d’intégration sur mesure, de compréhension d’un territoire en accéléré par le biais de rencontres, et tant d’autres services et cordes à mon archer bordelais.

Le travail de BGV commence là où celui des entreprises de relocation s’arrête et là où celui du contact pro et de la bonne copine trouve ses limites.

J’ai lu récemment que certains bordelais se sont piqués d’une forte envie de renvoyer chez eux ces parisiens via une injonction sur un autocollant placardé ici ou là dans la ville, bigre ! J’ai du pain sur la planche !!!

 

Guillemette Bardinet
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